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Guinea Pig 06 Mermaid in the Manhole (1988)

Ce sixième film de la série "GUINEA PIG" renoue avec l'esprit sérieux des 2 premiers épisodes, à la différence près que celui-ci ne cherche aucunement le réalisme et s'inscrit d'emblée dans un univers fantastique (même si l'épilogue est là pour nous en faire douter).

Toute la trame du film repose sur la dégradation du corps de la sirène. 

D'abord basées au niveau du ventre, les plaies se mettent vite à saigner et la baignoire se remplit de sang tandis que le peintre tente vainement d'éponger les blessures. 

Dans un deuxième temps, à la demande de sirène qui voit les plaies recouvrir maintenant son torse, le peintre perce une des cloques et du pus s'échappe de la blessure dans un magnifique ralenti nous dévoilant cette première gerbe de pus qui gicle et qui coule le long d'un de seins. Réitérant le geste sur les autres cloques, la baignoire sera vite garnie de pus multicolore, coulant et suintant abondamment. Pus qui sera récolté dans des bocaux et utilisé par le peintre pour la suite de son œuvre.




La déchéance de la sirène atteindra un stade ultime avec l'apparition de longs vers (chenilles ?) qui transpercent les lésions et se répandent sur la chair infectée ; une invasion crasseuse que ne pourra arrêter le peintre, de nouvelles larves encore plus corpulentes sortant des plaies au fur et à mesure que celui-ci essaie de les récolter.



Difficile de ne pas penser à la scène du vomi de "CITY OF THE LIVING DEAD" devant ce débordement de masse grouillante. Au niveau des influences on pense aussi au "STREET TRASH" de Jim Muro pour ce déluge de gore multicolore, à la peinture sanglante de "COLOR ME BLOOD RED" de Hershell Gordon Lewis ou encore aux œuvres de Cronenberg pour le concept général reposant sur la dégradation organique, la caméra s'attardant longuement sur ce corps qui suppure tout le long du film.


Seul léger défaut, les quelques scènes inutiles montrant les voisins s'inquiétant du comportement du peintre...

L'histoire parle d'un peintre dont la femme la récemment quitté. Il consacre tout son temps et d'attention à son art, s'aventurer dans les égouts sous sa maison à la recherche d'inspiration pour ses peintures, qui représentent toutes les scènes de la décadence et de la maladie. Auparavant quand cet égout était une rivière, le peintre joué comme un enfant et il croit qu'une fois il a vu une sirène. Sur l'un de ses treks vers le bas dans le courant sale, il se rend compte que ses convictions avaient raison quand il découvre la sirène, pris au piège dans l'égout puant, elle lui explique que lorsque la rivière était à sec, elle était incapable de retourner à la mer et se cacha dans le système d'égout. 



Sa peau infectées après des années de contact avec les déchets et la pollution, elle supplie le peintre de l'aider. Il décide de l'emmener dans sa maison, où il la met dans sa baignoire et procède à son portrait. Son état se détériore et après les plaies purulentes en éruption sur tout le corps. Bien que les deux savent que la mort est inévitable, la sirène demande à l'artiste de documenter sa désintégration dans sa peinture. Ce qu'il fait et le lien entre les deux devient plus fort que sa détérioration. Lorsque les plaies augmentent, il ajuste son portrait en conséquence, même lorsque l'infection se transforme en une mutation grotesque qui couvre tout le corps. Quand il ne parvient plus à trouver la bonne couleur pour représenter fidèlement les couleurs de ses infections, elle lui dit d'ouvrir le furoncles avec une lame de rasoir et utiliser le pus à la place.


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Guinea Pig 05 Android of notre dame (1988)

Nous voici aujourd'hui face au cinquième et avant-dernier opus de la saga des Guinea Pig intitulé "android of notre dame". Comme je l'ai déjà mentionné dans certaines fiches d'autres opus de la saga, chaque épisode a sa particularité : "devil's experiment" (opus 1) est le plus malsain, "Flower of flesh and blood" (opus 2) le plus gore, "he never dies" (opus 3) le plus réfléchi et le plus drôle, "mermaid in a manhole" (opus 4) le plus gerbant, "devil doctor woman" (opus 6) le plus loufoque et décalé tandis que "android of notre dame" (opus 5) est certainement le plus… heu… mauvais. Allez, ne perdons pas de temps et analysons brièvement cet épisode qui s'avère décevant en tout point.

Un nain désire trouver une façon de guérir sa pauvre sœur atteinte d'une maladie inconnue mais un escroc affirmant connaitre la formule secrète se met en travers de ses recherches, poussant notre scientifique à le torturer tant que celui-ci ne lui donnera pas le remède miracle. Même si le scénario peut s'avérer intéressant et prometteur en termes de tripailles, ne vous y trompez pas car, même si les effets spéciaux tiennent la route, le film accumule les lourdeurs et les lenteurs sans s'en soucier visiblement. En effet, l'histoire de Kazuhito Kuramoto manque cruellement de rythme, notamment lors de ses vingt premières minutes où l'on suit notre vaillant scientifique dans ses expériences mêlant biochimie, chimie, neurologie et anatomie, expériences qui s'avèrent au final bien pompeuses (il tourne un bouton, puis un autre, fait une pause, retourne un bouton, attend, retourne un bouton…). Peu de musique, beaucoup de gros plans insipides, une photographie hideuse, une lenteur à la limite du supportable : les vingt premières minutes sont bien monotones et ne prédisent rien de bon pour la suite, poussant le spectateur à la somnolence et à l'inattention.



Il faudra attendre environ la moitié du film pour voir enfin un peu d'action avec la visite de l'escroc chez le nain où celui-ci va lui faire subir des sévices que le malheureux était bien loin d'imaginer, pensant plumer à nouveau son pigeon lors de cette visite amicale. Cette séquence marque radicalement le passage d'une partie monotone où le manque d'action se faisait cruellement ressentir à une autre partie bien plus dynamique et généreuse en scènes gores. Le film se paye même le luxe dans sa seconde moitié de reprendre des scènes d'anthologie du culte "ré-animator" sorti 3 ans auparavant (notamment ce passage de la tête coupée réanimée). Un passage ma fois bien sympathique dont on ne reprochera pas au final à Kazuhito Kuramoto cette similarité évidente avec le long-métrage génialissime de Stuart Gordon (d'ailleurs, on peut rapprocher cette scène de la tête coupée à la séquence finale de "he never dies" alias Guinea Pig 3), les effets étant très bien faits et le cinéaste ajoutant ses propres idées, évitant de calquer bêtement sans réfléchir l'œuvre culte de 1985.


Oui il est vrai que cette deuxième partie du film est nettement plus intéressante que la première mais cela ne signifie pas pour autant que ce cinquième opus devient passionnant. Les dialogues sont médiocres, la mise en scène pathétique. Le nain, qui jusque là se montrait sérieux, réfléchi et attentionné vis-à-vis de sa sœur, devient tout à coup pervers, machiavélique et ne cesse de ricaner bêtement, rendant le film grotesque et pompant.



Ce qui est ambigu dans cet épisode, c'est que l'on ne sait pas vraiment la volonté première du réalisateur : est-ce un film fait pour rire ou une
œuvre dramatique et sérieuse en tout point? Kazuhito Kuramoto et ses acolytes semblent avoir voulu mixer ces deux registres : les liens entre le frère et la sœur mais également entre l'escroc mutilé et sa femme pour le côté dramatique de la situation (on se rapproche alors volontiers d'un "mermaid in a manhole") et ce côté grandguignolesque qui émane des tortures perpétrées par le nain ainsi que des grimaces exagérées de sa victime (ce côté gore absurde renvoyant à l'opus "he never dies" sorti 2 ans auparavant). Quoiqu'il en soit, le mélange de ces deux registres fonctionne ma fois très bien, à l'exception que les acteurs se montrent bien trop souvent médiocres dans leur jeu (les interprètes masculins surtout) ce qui discrédite un peu cette histoire qui aurait pu être bien plus intéressante à suivre.



Heureusement, les effets gores sont toutefois assez généreux dans cet opus également, même si quelques-uns manquent indéniablement de réalisme (la scène de l'éviscération où la peau du ventre ressemble à du latex, les jambes coupées de l'escroc qui sentent bons le plastique…). On retiendra toutefois certaines séquences assez gores comme ce passage où le nain extirpe un par un les os de la cage thoracique de sa victime, toujours avec ce bruit de craquement que l'on percevait déjà brillamment dans l'opus "flower of flesh and blood". On notera également de très bons effets spéciaux gélatineux et gluants (référence à la scène de l'œil sorti de son orbite dont s'écoule cette substance visqueuse et très poisseuse : ma scène préférée du film), quelques effets trashs (comme ce liquide épais et orange qui sort de la tête de l'escroc), quelques scènes bien sanglantes (cette jolie giclée de sang que se prend le scientifique en plein visage) et également quelques gros plans bien réalisés (notamment sur des oreilles, l'une pourrie et l'autre fraichement découpée quelques secondes auparavant, ou encore ce gros plan sur le découpage d'une langue). Vous l'aurez compris, les effets spéciaux demeurent, de part leur diversité, le seul bon point de cet épisode raté de la saga des Guinea Pig.



Inutile d'aller plus loin dans l'analyse, nous ne trouverons plus grand-chose de très passionnant à dire sur cet opus qui demeure pourtant l'un des plus longs (50 minutes environ : c'est dire la longueur de pellicule inutile). "android of notre dame" est l'épisode le plus mauvais de la saga et de loin. Mise en scène médiocre, acteurs décevants, manque de rythme évident lors de la première moitié du film, cet opus des Guinea Pig évite toutefois le naufrage grâce à des effets spéciaux très variés et pour une bonne partie réussis.
Un opus à oublier, le seul à vrai dire…

Guinea Pig 04 Devil Woman Doctor (1986)

Un travesti qui se présente comme médecin sans diplôme spécialiste des cas étranges et désespérés nous invite à en découvrir quelques-uns uns, sous forme de courts sketchs.

Au programme : une famille dont les têtes des membres explosent s'ils s'énervent, un homme atteint du syndrome de Jekyll and Hyde, un ventre de yakuza bavard, un buffet anthropophage, un couple "à moitié vivant", des organes abandonnés un peu trop affectueux, un homme qui transpire du sang, un tatouage farceur et une réunion de patients présentant différentes particularités physiques loufoques...


Cet opus de la série des Guinea Pig laisse complètement de côté l'aspect réaliste et malsain de certains épisodes pour donner franchement dans le comique. Et quel comique !


On touche souvent les abysses de l'humour, on se demande même parfois si ce n'est pas un enfant en bas âge qui a écrit des parties du script. Néanmoins, certaines idées restent amusantes et, face à un tel étalage de bêtise, on se surprend à rire de bon cœur.

Les trucages, quant à eux, vont du bricolage au... bricolage bâclé ! Les effets relativement réussis (amant zombie, crotte vivante) côtoient les échecs affligeants (chasse au tatouage, buffet humain, divers maquillages...) qui n'ont rien à envier à de la décoration de train fantôme.

Ce mélange de gore et de déconne lourdingue entre potes n'est pas sans rappeler le style Troma. Vous savez à quoi vous attendre ! Alors qui veut de la bonne tarte aux pointes ?


Il semblerait que le choix d'un ton ostentatoirement comique et d'effets gores plutôt faiblards émane d'une décision de la production. Elle aurait souhaité calmer le jeu et disculper la série des Guinea Pig en faisant un épisode résolument "léger" après l'affaire du meurtrier pédophile de Guinea Pig 2 : Flowers of Flesh and Blood".



Guinea Pig 03 He never dies (1986)

La série des Guinea Pigs est vraiment une saga originale et atypique malgré sa qualité. Il faut dire que cette série culte d’horreur n’a jamais vraiment revendu plusieurs fois la même recette. Tout en restant un registre gore, chaque film propose quelque chose de nouveau.

La saga fait ses premiers pas en 1985 avec deux films : Devil’s Experiment et Flowers of Flesh and Blood. Il s’agit de deux films d’horreur torture porn qui ont la même base mais qui propose un concept un peu différent l’un de l’autre. Cependant les réalisateurs cherchent souvent à faire croire au spectateur qu’il est en présence d’un vrai Snuff Movie (ce qui est bien évidemment un gros canular marketing). En 1986 c’est Masayuki Kusumi qui se lance dans la réalisation de He Never Dies, un troisième opus qui change un peu le concept en choisissant de s’orienter vers la comédie horrifique.

Hideshi est un jeune japonais qui travaille dans une entreprise. Son existence est peu enviable puisqu’il n’a pas vraiment d’amis et surtout il est oppressé dans son boulot. Hideshi pense se suicider en se tailladant les veines mais il renonce bien vite face à la douleur. Subissant cependant trop de pression dans son travail, il finit par craquer et récidive en se tailladant très profondément cette fois-ci. Il attend patiemment la mort cependant elle n’arrive pas. Pire sa blessure s’arrête de saigner. Hideshi commence alors à se charcuter plus profondément mais rien n’y fait.


Le jeune homme commence à  sombrer dans le désespoir mais bien vite il est pris d’un sentiment d’euphorie et il décide d’appeler un de ses collègues de travail pour lui faire une farce. Lorsque celui-ci arrive, Hideshi commence à se charcuter et à s’éventrer sous les yeux de son collègue prenant plaisir à le faire hurler de peur.
Plus tard la petite amie du collègue en question arrive dans l’appartement et elle paraît alors plus préoccupée par l’idée de faire du nettoyage que par la situation d’Hideshi.



Voilà donc pour le scénario complètement déjanté et barré de ce nouvel épisode. Clairement le ton n’est pas le même que les deux précédents opus. Pourtant là encore, le film s’ouvre sur un commentateur qui prétend que les faits relatés sont vrais et qu’il s’agit d’une exception de la nature. Tout cela est bien sur ridicule à tel point qu’on doit évidemment se demander si Kusimi ne cherche pas à parodier les deux films précédents.



Cela pourrait s’expliquer par le ton désormais comique que ce troisième épisode donne à la série. Car oui He Never Dies est véritablement attachants. Personnellement j’avoue avoir éclaté de rire face à ce film d’humour trash et gore.
Mais ce qui le différencie également des précédents opus, c’est que le film n’est pas non plus dénudé de fond. Cette comédie horrifique peut également se voir comme une caricature et une satire visant à pointer du doit la culture japonaise du travail. On nous montre ici un jeune homme oppressé dans sa vie professionnelle et qui finit par craquer.



Mais là ou le film va loin dans l’humour noir c’est que justement notre héros n’a même pas le droit de mourir. Belle image d’une société d’individus embrigadés et qui ne maîtrisent plus leur destin. Dans ce monde où il n’est plus qu’un produit de société, l’individu finit par trouver le refuge dans l’autodestruction.

He Never dies a donc de nombreuses qualités. Par ailleurs les effets gores sont plutôt bien foutus. Après il est clair que ce moyen métrage est loin du chef d’œuvre. La mise en scène est pas mal mais pas brillante pour autant, ça sent le petit film amateur. 
Cependant ce film se démarque de la série en développant un contenu.


Guinea Pig 02 Flower of Flesh and Blood (1985)

Flowers of Flesh and Blood est un film japonais réalisé par Hideshi Hino.

Voici l'origine du film: Avril 1985, les cerisiers sont en fleurs a Tokyo. Le dessinateur Hideshi Hibino reçoit un paquet d’un admirateur. Il contient un film 8 mm, 54 photos et une lettre de 10 pages. La lettre parle d’un crime horrible perpétué par un maniaque. Le film 8 mm est authentique, on y voit un homme démembrer le corps d’une femme pour compléter sa collection. Ce film doit rester secret. Hideshi Hibino s’en est inspiré pour réaliser ce semi documentaire. Maintenant au résumé: Une jeune femme marche dans la rue. Un homme la suit, l’assaille et l’endort à l’aide de chloroforme. Lorsqu’elle reprend ses esprits, elle est attachée sur un vieux lit dans une pièce lugubre. Un homme au teint blafard portant un casque de samurai apparaît soudain hors de l’ombre ...


Ce que j'ai envie de dire face à ce film ? Dieu merci car enfin un film qui est à la hauteur de sa réputation ! Je vous avoue qu'avec les précédents films je commençais à désespérer mais Guinea Pig 2 m'a redonné le sourire ! Le début commence très fort avec l’enlèvement de la femme est c'est un point positif car on poireaute pas !



L'histoire tient totalement la route car en plus elle est inspirée d'un fait réel (voir l'origine du film ci-dessus). Vous l'aurez peut être remarqué mais le film ne dure que 45 minutes mais 45 minutes qui vont à l'essentiel ! C'est mieux qu'un film de 1h30 avec 30 minutes d'inutilité.
Les deux acteurs sont excellents dans leur rôle ! Les effets spéciaux sont bluffants et poussés jusqu'aux détails avec par exemple une main arrachée qui se recroqueville ou bien le craquement des os ... Les effets sonores sont très recherchés. L'angoisse et l'atmosphère malsain sont présents est s'assemblent très bien. Je tiens à préciser aussi que c'est un film qui est sorti en 1985 et qui pourtant reste encore aujourd'hui d'un très bon niveau artistique !
Après avoir décapité un poulet sur sa victime pour lui annoncer sa destinée (avec zoom sur le cou décapité par lequel coule le sang), le tueur nous présente chaque phase par le biais d'éclairages aux différentes couleurs.

Phase 1 (rouge) : Tranchage des mains par un couteau à cran d'arrêt. Le sang gicle à flot et le réalisme est tel que la première main coupée se referme sur les doigts du sadique, un détail qui démontre d'emblée le soin apporté à la réalisation des effets gores.


Phase 2 (bleu) : Découpage des bras avec un second couteau et à l'aide d'un marteau pour dégager les os. Rien n'est suggéré : alternance de gros plans sur la chair découpée et le sang qui fuse entre chaque coup de burin. Mention spéciale aux bruitages qui bien que très exagérés s'avèrent ultra efficaces.



Phase 3 (jaune) : Pour le démembrement des jambes au dessus des genoux le bourreau s'équipe d'une scie. Là encore le réalisme est de mise, un plan étonnant part de la tête de la victime à demie consciente et descend vers une des cuisses en train d'être séparée du reste du corps.

Phase 4 (verte) Cette phase enchaîne sur l'éventrement au scalpel avec extraction des organes internes et un magnifique plan de la victime crachant du sang sur la caméra durant l'opération.


Phase 5 (blanche) : Décapitation à la hache dans un ralenti monstrueux, tête qui vient rebondir sur un mur et grosses éclaboussures de sang sur le visage du sadique. L'extraction d'un oeil à la petite cuillère conclut en beauté la cérémonie. Emu par tant d'esthétisme, le Samouraï sadique contemple méticuleusement chaque membre découpé, il ira même jusqu'à lécher la tête décapitée et l'oeil fraîchement arraché. Il nous dévoilera enfin sa collection personnelle composée de morceaux de corps humains pour la plupart en état de décomposition grouillant d'asticots et de vers, ainsi que des sortes de sculptures entremêlant membres humains et plantes vertes.




La fin est très bonne ! J'ai envie de dire aussi très recherchée puisque on a l'impression d'être dans une galerie d'art mais au lieu des tableaux on a des sculptures de cadavres. Bref un film à voir au moins une fois !



Guinea Pig 01 Devil's Experiment (1985)

En guise de générique, un message prévient le spectateur qu'il va visionner un film amateur anonyme voulant expérimenter dans la souffrance humaine. Une jeune femme est torturée par trois hommes aux visages partiellement masqués, utilisant tour à tour leurs poings, leurs pieds, une pince, une chaise de bureau (!), de la musique bruitiste, un scalpel, un maillet, de l'eau bouillante, des asticots, des abats d'animaux et une aiguille. Le reste du temps elle est retenue prisonnière dans un filet suspendu dans la forêt. Chaque séquence est précédée d'un écran noir où apparaît un seul kanji, annonçant le mode opératoire.

Film pervers s'il en est, Guinea Pig : Devil's Experiment, pousse le concept de voyeurisme sadique à l'extrême en tentant de feindre le snuff movie. Démarrant sur une gentille séance de claques assez mal jouée, l'horreur va monter crescendo jusqu'à la fameuse et graphiquement très réussie scène de crevaison oculaire à l'aiguille. Ambiance sonore réduite au possible, dialogues limités à quelques insultes visant à humilier la victime, aucun développement des personnages, mise en scène, réalisation et éclairage très sobres sont de mise.


En toute honnêteté, le spectacle offert n'est pas si immonde qu'on a pu le dire. Il est vrai que ce qui est représenté est tout à fait amoral, mais la représentation même peine à être convaincante, hormis de rares scènes comme le pinçage et les effets gores soignés.
La cause principale en est le manque flagrant de crédibilité de l'actrice principale : elle ne crie, ne se débat ou ne se plaint qu'à de très rares occasions; ce qui semble dérisoire étant donné le traitement qu'elle subit. D'autre part, les "comptes" spectaculaires de claques, de tours de chaise à roulettes ou d'heures passées à écouter du bruit sont une ficelle un peu grossière pour induire l'atrocité de l'action. Enfin certaines séquences, comme le lancer de viscères, traînent désespérément en longueur et suggèrent plus l'ennui qu'autre chose.


Cependant, réalisé pour un budget ridicule pour une chaîne du câble et le marché de la vidéo, ce court-métrage d'une quarantaine de minutes a irrémédiablement fait date dans l'Histoire du cinéma d'horreur. En effet, son concept original de se débarrasser de toute narration, de sortir l'horreur d'un quelconque contexte pour la présenter telle quelle, crée un profond malaise.


Alors que le même spectateur peut encaisser sans sourciller un contenu autrement plus corsé s'il est servi dans un joli emballage de justifications et de valeurs ou d'humour, il aura plus de mal à digérer jusqu'au bout cette dégradation gratuite d'une femme : il est confronté ici à un miroir dérangeant de son voyeurisme et de son goût du spectaculaire.
La grande force de ce film est qu'il amène obligatoirement son public à se questionner sur la nature de ce qu'il regarde et les motivations qui le poussent à le regarder. On en vient automatiquement à rechercher tous les défauts des trucages et du jeu des acteurs pour se rassurer quant à la nature fictive des images, et à se demander si l'on prend un quelconque plaisir à leur vision. Finalement peu de films peuvent se targuer d'atteindre ce résultat.

A propos du film :

Il est à noter que, ce premier épisode servant malgré lui de mètre étalon pour l'ensemble de la série, il tend à faire passer le reste (à l'exception de Flowers of Flesh and Blood, voire de Mermaid in a Manhole) pour un divertissement de seconde zone.


 

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