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The Human Centipede 2 (Full Sequence) (2011)


Martin, obèse asthmatique visiblement atteint d'une déficience mentale, violé par son père, maltraité par une mère castratrice qui lui reproche d'avoir envoyé son mari en prison, souffre-douleur de la grosse brute de voisin, est obsédé par le film The Human Centipede auquel il trouve des vertus érotiques. Il décide alors de reproduire l'expérience et de s'offrir, dans l'improvisation la plus totale, son propre mille-pattes humain. Il kidnappe au hasard ses victimes dans les couloirs souterrains du parking où il travaille comme gardien de nuit, leur tirant dessus ou les anesthésiant au pied de biche. Technique signature. Contre toute attente, il parvient à convaincre l'agent d'Ashlynn Yennie, actrice du film originel de Tom Six, de l'envoyer à Londres pour soi-disant passer un casting avec Quentin Tarantino. Ni une ni deux, il la kidnappe également. Alors que les douze victimes sont réunies dans un entrepôt désaffecté, débute une effroyable boucherie.
Source : http://www.parisladouce.com/2016/05/cinema-sorties-dvd-human-centipede-2.html

Si le 1er film The Human Centipede avait fait une entrée remarquée en Direct to DVD, son successeur pourrait bien, en plus se zapper la sortie cinéma, se voire refuser la sortie en DVD tout court ! C'est en tout cas ce qu'ont décidé les "classificateurs" en Grande Bretagne qui n'ont pas souhaité classer le film en "+ de 18 ans" mais bel et bien d'interdire sa diffusion et sa vente dans tout le territoire ! La raison ? C'est là que ça devient intéressant puisque le conseil motive sa décision en s'appuyant sur l'histoire et la trame du film...

The Human Centipede 2 se résume à un fantasme sexuel déviant" a expliqué la British Board of Film Classification, avant de rentrer un peu plus dans les détails et l'histoire du film...



The Human Centipad 2 raconte l'histoire d'un homme s'éveillant sexuellement à un fantasme nouveau pour lui, basé sur la dégradation, la torture, la mutilation et le meurtre de ses victimes". On le voit par exemple se masturber avec du papier de verre devant le film originel (...) ou prendre son pied en assistant au viol d'une femme, pénétrée par un homme au pénis entouré de fils barbelés... Fin du spoiler et débuts des emmerdes pour la nouvelle production de Tom Six qui risque à nouveau de faire le buzz lors de sa sortie prochaine. En attendant, redécouvrez le trailer de The Human CentIpad, parodie du film par South Park et le trailer du premier film.

Source : http://cinema.jeuxactu.com/news-cinema-the-human-centipede-2-va-trop-loin-14961.htm

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The Human Centipede I (2009)


Date de sortie 30 aout 2009 (1h 30min)
De Tom Six
Avec Akihiro Kitamura, Dieter Laser, Ashley C. Williams
Genre Horreur
Nationalité Néerlandais

SYNOPSIS ET DÉTAILS
Interdit aux moins de 16 ans
Une nuit, deux jeunes américaines en voyage à travers l’Europe, tombent en panne en plein milieu d’une forêt. Par chance, elles découvrent une maison dans laquelle vit un ancien chirurgien allemand, le docteur Heiter. Ravies d’y trouver refuge, elles sont alors loin d’imaginer qu’elles vont devenir les cobayes d’une expérience chirurgicale inédite : le médecin entend en effet créer un mille-pattes humain en les reliant entre elles par un seul et même tube digestif.

Tom Six vous emmerde

Coucou Tom. Dis donc, ton film The Human Centipede, c’est un peu hard. Y a des festivaliers qui ont eu la gerbe en voyant ton film (NDR. Lors de la première projection au Festival de Sitges). Tu peux donner ton CV qu’on se rassure ? 
Tom Six : T’as pas Internet, mec ? Non, je plaisante. Écoute, j’ai commencé en tant que réalisateur sur le premier « Big Brother » aux Pays-Bas. C’était aussi le premier au monde. On peut ainsi dire que je suis né avec la téléréalité… Et que mes films découlent de cette mouvance. Ensuite, ma sœur Ilona et moi-même avons monté une société de production (Six Entertainment) et j’ai écrit et réalisé trois longs métrages : Gay (2004), Honeyz (2007) et I Love Dries (2008). Puis, lassé par le politiquement correct, j’ai pensé à The Human Centipede.

Ah, et sérieusement t’as eu des influences ?
Tom Six : J’aime les films qui osent transgresser les tabous. Pas seulement de films d’horreur. Je pense évidemment à Salo ou les 120 journées de Sodome (Pier Paolo Pasolini, 1977) mais aussi à une comédie comme Borat, que je trouve brillantissime. Selon moi, au cinéma, rien ne va jamais assez loin. Quand on vous annonce un film scandaleux et que vous vous retrouvez devant un pétard mouillé, vous avez envie d’être remboursé. J’aime la provocation, la controverse et ça me procure une intense satisfaction de savoir que ma présence dérange.

The Human Centipede de Tom Six
Quel était ton objectif ?
Tom Six :  Je voulais me moquer de films comme Saw que je trouve répugnants. Les deux filles s’enferment presque sciemment dans un piège. N’importe qui se serait déjà enfui rien qu’en voyant la tête de Dieter Laser, à qui j’ai d’ailleurs demandé de forcer le trait pour paraître encore plus effroyable. Ce n’est qu’après, une fois que l’opération a eu lieu, que le récit change de ton et devient un cauchemar plus sauvage

Comment as-tu trouvé l’acteur Dieter Laser, qui joue le chirurgien psychopathe ?
Tom Six : En fait, je l’ai repéré dans un vieux film dans lequel il avait joué. Je n’avais aucun acteur en tête au moment de l’écriture. L’homme est incroyablement brillant et l’acteur tient du génie. Nous avons eu une remarquable alchimie ensemble.

Quel est le film qui a réussi à te choquer ?
Tom Six : Je dirais Salo, de Pasolini. C’est le seul à l’heure d’aujourd’hui. Un conseil à vos lecteurs : si vous ne l’avez pas vu, vous ne savez pas la chance que vous avez de le découvrir

Suite à ce qui s’est passé avec la censure de The Human Centipede 2 (initialement banni en Grande-Bretagne avant d’être choppable deux mois plus tard partout dans le monde via torrent), des réalisateurs t’ont soutenu ?
Tom Six : Non, et la raison est bien simple : je ne parle pas beaucoup aux autres cinéastes parce que je suis la plupart du temps chez moi , à Amsterdam. Mais je suis sûr qu’ils détestent tous la censure.

Pour finir, tu peux nous donner tes dix films préférés au monde ?
Salo, de Pasolini. La grande bouffe, de Marco Ferreri. Les Idiots, de Lars Von Trier. Fitzgarraldo, de Werner Herzog. The Aristocrats, de Provenza. Crash, de David Cronenberg. Borat, donc. The Comfort of Strangers, de Paul Schrader. Themroc, de Faraldo. Shining, de Stanley Kubrick. Je pense que je n’ai pas besoin de justifier mes choix, ces films sont tous brillants à leur façon.
Source : http://www.chaosreigns.fr/tom-six-vous-emmerde/


Streaming --- The Human Centipede I

Tags : Horreur, Tom Six, The Human Centipede I, The Human Centipede, Pays-Bas, Film gore,

Guinea Pig 06 Mermaid in the Manhole (1988)

Ce sixième film de la série "GUINEA PIG" renoue avec l'esprit sérieux des 2 premiers épisodes, à la différence près que celui-ci ne cherche aucunement le réalisme et s'inscrit d'emblée dans un univers fantastique (même si l'épilogue est là pour nous en faire douter).

Toute la trame du film repose sur la dégradation du corps de la sirène. 

D'abord basées au niveau du ventre, les plaies se mettent vite à saigner et la baignoire se remplit de sang tandis que le peintre tente vainement d'éponger les blessures. 

Dans un deuxième temps, à la demande de sirène qui voit les plaies recouvrir maintenant son torse, le peintre perce une des cloques et du pus s'échappe de la blessure dans un magnifique ralenti nous dévoilant cette première gerbe de pus qui gicle et qui coule le long d'un de seins. Réitérant le geste sur les autres cloques, la baignoire sera vite garnie de pus multicolore, coulant et suintant abondamment. Pus qui sera récolté dans des bocaux et utilisé par le peintre pour la suite de son œuvre.




La déchéance de la sirène atteindra un stade ultime avec l'apparition de longs vers (chenilles ?) qui transpercent les lésions et se répandent sur la chair infectée ; une invasion crasseuse que ne pourra arrêter le peintre, de nouvelles larves encore plus corpulentes sortant des plaies au fur et à mesure que celui-ci essaie de les récolter.



Difficile de ne pas penser à la scène du vomi de "CITY OF THE LIVING DEAD" devant ce débordement de masse grouillante. Au niveau des influences on pense aussi au "STREET TRASH" de Jim Muro pour ce déluge de gore multicolore, à la peinture sanglante de "COLOR ME BLOOD RED" de Hershell Gordon Lewis ou encore aux œuvres de Cronenberg pour le concept général reposant sur la dégradation organique, la caméra s'attardant longuement sur ce corps qui suppure tout le long du film.


Seul léger défaut, les quelques scènes inutiles montrant les voisins s'inquiétant du comportement du peintre...

L'histoire parle d'un peintre dont la femme la récemment quitté. Il consacre tout son temps et d'attention à son art, s'aventurer dans les égouts sous sa maison à la recherche d'inspiration pour ses peintures, qui représentent toutes les scènes de la décadence et de la maladie. Auparavant quand cet égout était une rivière, le peintre joué comme un enfant et il croit qu'une fois il a vu une sirène. Sur l'un de ses treks vers le bas dans le courant sale, il se rend compte que ses convictions avaient raison quand il découvre la sirène, pris au piège dans l'égout puant, elle lui explique que lorsque la rivière était à sec, elle était incapable de retourner à la mer et se cacha dans le système d'égout. 



Sa peau infectées après des années de contact avec les déchets et la pollution, elle supplie le peintre de l'aider. Il décide de l'emmener dans sa maison, où il la met dans sa baignoire et procède à son portrait. Son état se détériore et après les plaies purulentes en éruption sur tout le corps. Bien que les deux savent que la mort est inévitable, la sirène demande à l'artiste de documenter sa désintégration dans sa peinture. Ce qu'il fait et le lien entre les deux devient plus fort que sa détérioration. Lorsque les plaies augmentent, il ajuste son portrait en conséquence, même lorsque l'infection se transforme en une mutation grotesque qui couvre tout le corps. Quand il ne parvient plus à trouver la bonne couleur pour représenter fidèlement les couleurs de ses infections, elle lui dit d'ouvrir le furoncles avec une lame de rasoir et utiliser le pus à la place.


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Guinea Pig 05 Android of notre dame (1988)

Nous voici aujourd'hui face au cinquième et avant-dernier opus de la saga des Guinea Pig intitulé "android of notre dame". Comme je l'ai déjà mentionné dans certaines fiches d'autres opus de la saga, chaque épisode a sa particularité : "devil's experiment" (opus 1) est le plus malsain, "Flower of flesh and blood" (opus 2) le plus gore, "he never dies" (opus 3) le plus réfléchi et le plus drôle, "mermaid in a manhole" (opus 4) le plus gerbant, "devil doctor woman" (opus 6) le plus loufoque et décalé tandis que "android of notre dame" (opus 5) est certainement le plus… heu… mauvais. Allez, ne perdons pas de temps et analysons brièvement cet épisode qui s'avère décevant en tout point.

Un nain désire trouver une façon de guérir sa pauvre sœur atteinte d'une maladie inconnue mais un escroc affirmant connaitre la formule secrète se met en travers de ses recherches, poussant notre scientifique à le torturer tant que celui-ci ne lui donnera pas le remède miracle. Même si le scénario peut s'avérer intéressant et prometteur en termes de tripailles, ne vous y trompez pas car, même si les effets spéciaux tiennent la route, le film accumule les lourdeurs et les lenteurs sans s'en soucier visiblement. En effet, l'histoire de Kazuhito Kuramoto manque cruellement de rythme, notamment lors de ses vingt premières minutes où l'on suit notre vaillant scientifique dans ses expériences mêlant biochimie, chimie, neurologie et anatomie, expériences qui s'avèrent au final bien pompeuses (il tourne un bouton, puis un autre, fait une pause, retourne un bouton, attend, retourne un bouton…). Peu de musique, beaucoup de gros plans insipides, une photographie hideuse, une lenteur à la limite du supportable : les vingt premières minutes sont bien monotones et ne prédisent rien de bon pour la suite, poussant le spectateur à la somnolence et à l'inattention.



Il faudra attendre environ la moitié du film pour voir enfin un peu d'action avec la visite de l'escroc chez le nain où celui-ci va lui faire subir des sévices que le malheureux était bien loin d'imaginer, pensant plumer à nouveau son pigeon lors de cette visite amicale. Cette séquence marque radicalement le passage d'une partie monotone où le manque d'action se faisait cruellement ressentir à une autre partie bien plus dynamique et généreuse en scènes gores. Le film se paye même le luxe dans sa seconde moitié de reprendre des scènes d'anthologie du culte "ré-animator" sorti 3 ans auparavant (notamment ce passage de la tête coupée réanimée). Un passage ma fois bien sympathique dont on ne reprochera pas au final à Kazuhito Kuramoto cette similarité évidente avec le long-métrage génialissime de Stuart Gordon (d'ailleurs, on peut rapprocher cette scène de la tête coupée à la séquence finale de "he never dies" alias Guinea Pig 3), les effets étant très bien faits et le cinéaste ajoutant ses propres idées, évitant de calquer bêtement sans réfléchir l'œuvre culte de 1985.


Oui il est vrai que cette deuxième partie du film est nettement plus intéressante que la première mais cela ne signifie pas pour autant que ce cinquième opus devient passionnant. Les dialogues sont médiocres, la mise en scène pathétique. Le nain, qui jusque là se montrait sérieux, réfléchi et attentionné vis-à-vis de sa sœur, devient tout à coup pervers, machiavélique et ne cesse de ricaner bêtement, rendant le film grotesque et pompant.



Ce qui est ambigu dans cet épisode, c'est que l'on ne sait pas vraiment la volonté première du réalisateur : est-ce un film fait pour rire ou une
œuvre dramatique et sérieuse en tout point? Kazuhito Kuramoto et ses acolytes semblent avoir voulu mixer ces deux registres : les liens entre le frère et la sœur mais également entre l'escroc mutilé et sa femme pour le côté dramatique de la situation (on se rapproche alors volontiers d'un "mermaid in a manhole") et ce côté grandguignolesque qui émane des tortures perpétrées par le nain ainsi que des grimaces exagérées de sa victime (ce côté gore absurde renvoyant à l'opus "he never dies" sorti 2 ans auparavant). Quoiqu'il en soit, le mélange de ces deux registres fonctionne ma fois très bien, à l'exception que les acteurs se montrent bien trop souvent médiocres dans leur jeu (les interprètes masculins surtout) ce qui discrédite un peu cette histoire qui aurait pu être bien plus intéressante à suivre.



Heureusement, les effets gores sont toutefois assez généreux dans cet opus également, même si quelques-uns manquent indéniablement de réalisme (la scène de l'éviscération où la peau du ventre ressemble à du latex, les jambes coupées de l'escroc qui sentent bons le plastique…). On retiendra toutefois certaines séquences assez gores comme ce passage où le nain extirpe un par un les os de la cage thoracique de sa victime, toujours avec ce bruit de craquement que l'on percevait déjà brillamment dans l'opus "flower of flesh and blood". On notera également de très bons effets spéciaux gélatineux et gluants (référence à la scène de l'œil sorti de son orbite dont s'écoule cette substance visqueuse et très poisseuse : ma scène préférée du film), quelques effets trashs (comme ce liquide épais et orange qui sort de la tête de l'escroc), quelques scènes bien sanglantes (cette jolie giclée de sang que se prend le scientifique en plein visage) et également quelques gros plans bien réalisés (notamment sur des oreilles, l'une pourrie et l'autre fraichement découpée quelques secondes auparavant, ou encore ce gros plan sur le découpage d'une langue). Vous l'aurez compris, les effets spéciaux demeurent, de part leur diversité, le seul bon point de cet épisode raté de la saga des Guinea Pig.



Inutile d'aller plus loin dans l'analyse, nous ne trouverons plus grand-chose de très passionnant à dire sur cet opus qui demeure pourtant l'un des plus longs (50 minutes environ : c'est dire la longueur de pellicule inutile). "android of notre dame" est l'épisode le plus mauvais de la saga et de loin. Mise en scène médiocre, acteurs décevants, manque de rythme évident lors de la première moitié du film, cet opus des Guinea Pig évite toutefois le naufrage grâce à des effets spéciaux très variés et pour une bonne partie réussis.
Un opus à oublier, le seul à vrai dire…

Guinea Pig 04 Devil Woman Doctor (1986)

Un travesti qui se présente comme médecin sans diplôme spécialiste des cas étranges et désespérés nous invite à en découvrir quelques-uns uns, sous forme de courts sketchs.

Au programme : une famille dont les têtes des membres explosent s'ils s'énervent, un homme atteint du syndrome de Jekyll and Hyde, un ventre de yakuza bavard, un buffet anthropophage, un couple "à moitié vivant", des organes abandonnés un peu trop affectueux, un homme qui transpire du sang, un tatouage farceur et une réunion de patients présentant différentes particularités physiques loufoques...


Cet opus de la série des Guinea Pig laisse complètement de côté l'aspect réaliste et malsain de certains épisodes pour donner franchement dans le comique. Et quel comique !


On touche souvent les abysses de l'humour, on se demande même parfois si ce n'est pas un enfant en bas âge qui a écrit des parties du script. Néanmoins, certaines idées restent amusantes et, face à un tel étalage de bêtise, on se surprend à rire de bon cœur.

Les trucages, quant à eux, vont du bricolage au... bricolage bâclé ! Les effets relativement réussis (amant zombie, crotte vivante) côtoient les échecs affligeants (chasse au tatouage, buffet humain, divers maquillages...) qui n'ont rien à envier à de la décoration de train fantôme.

Ce mélange de gore et de déconne lourdingue entre potes n'est pas sans rappeler le style Troma. Vous savez à quoi vous attendre ! Alors qui veut de la bonne tarte aux pointes ?


Il semblerait que le choix d'un ton ostentatoirement comique et d'effets gores plutôt faiblards émane d'une décision de la production. Elle aurait souhaité calmer le jeu et disculper la série des Guinea Pig en faisant un épisode résolument "léger" après l'affaire du meurtrier pédophile de Guinea Pig 2 : Flowers of Flesh and Blood".



Guinea Pig 03 He never dies (1986)

La série des Guinea Pigs est vraiment une saga originale et atypique malgré sa qualité. Il faut dire que cette série culte d’horreur n’a jamais vraiment revendu plusieurs fois la même recette. Tout en restant un registre gore, chaque film propose quelque chose de nouveau.

La saga fait ses premiers pas en 1985 avec deux films : Devil’s Experiment et Flowers of Flesh and Blood. Il s’agit de deux films d’horreur torture porn qui ont la même base mais qui propose un concept un peu différent l’un de l’autre. Cependant les réalisateurs cherchent souvent à faire croire au spectateur qu’il est en présence d’un vrai Snuff Movie (ce qui est bien évidemment un gros canular marketing). En 1986 c’est Masayuki Kusumi qui se lance dans la réalisation de He Never Dies, un troisième opus qui change un peu le concept en choisissant de s’orienter vers la comédie horrifique.

Hideshi est un jeune japonais qui travaille dans une entreprise. Son existence est peu enviable puisqu’il n’a pas vraiment d’amis et surtout il est oppressé dans son boulot. Hideshi pense se suicider en se tailladant les veines mais il renonce bien vite face à la douleur. Subissant cependant trop de pression dans son travail, il finit par craquer et récidive en se tailladant très profondément cette fois-ci. Il attend patiemment la mort cependant elle n’arrive pas. Pire sa blessure s’arrête de saigner. Hideshi commence alors à se charcuter plus profondément mais rien n’y fait.


Le jeune homme commence à  sombrer dans le désespoir mais bien vite il est pris d’un sentiment d’euphorie et il décide d’appeler un de ses collègues de travail pour lui faire une farce. Lorsque celui-ci arrive, Hideshi commence à se charcuter et à s’éventrer sous les yeux de son collègue prenant plaisir à le faire hurler de peur.
Plus tard la petite amie du collègue en question arrive dans l’appartement et elle paraît alors plus préoccupée par l’idée de faire du nettoyage que par la situation d’Hideshi.



Voilà donc pour le scénario complètement déjanté et barré de ce nouvel épisode. Clairement le ton n’est pas le même que les deux précédents opus. Pourtant là encore, le film s’ouvre sur un commentateur qui prétend que les faits relatés sont vrais et qu’il s’agit d’une exception de la nature. Tout cela est bien sur ridicule à tel point qu’on doit évidemment se demander si Kusimi ne cherche pas à parodier les deux films précédents.



Cela pourrait s’expliquer par le ton désormais comique que ce troisième épisode donne à la série. Car oui He Never Dies est véritablement attachants. Personnellement j’avoue avoir éclaté de rire face à ce film d’humour trash et gore.
Mais ce qui le différencie également des précédents opus, c’est que le film n’est pas non plus dénudé de fond. Cette comédie horrifique peut également se voir comme une caricature et une satire visant à pointer du doit la culture japonaise du travail. On nous montre ici un jeune homme oppressé dans sa vie professionnelle et qui finit par craquer.



Mais là ou le film va loin dans l’humour noir c’est que justement notre héros n’a même pas le droit de mourir. Belle image d’une société d’individus embrigadés et qui ne maîtrisent plus leur destin. Dans ce monde où il n’est plus qu’un produit de société, l’individu finit par trouver le refuge dans l’autodestruction.

He Never dies a donc de nombreuses qualités. Par ailleurs les effets gores sont plutôt bien foutus. Après il est clair que ce moyen métrage est loin du chef d’œuvre. La mise en scène est pas mal mais pas brillante pour autant, ça sent le petit film amateur. 
Cependant ce film se démarque de la série en développant un contenu.


Guinea Pig 02 Flower of Flesh and Blood (1985)

Flowers of Flesh and Blood est un film japonais réalisé par Hideshi Hino.

Voici l'origine du film: Avril 1985, les cerisiers sont en fleurs a Tokyo. Le dessinateur Hideshi Hibino reçoit un paquet d’un admirateur. Il contient un film 8 mm, 54 photos et une lettre de 10 pages. La lettre parle d’un crime horrible perpétué par un maniaque. Le film 8 mm est authentique, on y voit un homme démembrer le corps d’une femme pour compléter sa collection. Ce film doit rester secret. Hideshi Hibino s’en est inspiré pour réaliser ce semi documentaire. Maintenant au résumé: Une jeune femme marche dans la rue. Un homme la suit, l’assaille et l’endort à l’aide de chloroforme. Lorsqu’elle reprend ses esprits, elle est attachée sur un vieux lit dans une pièce lugubre. Un homme au teint blafard portant un casque de samurai apparaît soudain hors de l’ombre ...


Ce que j'ai envie de dire face à ce film ? Dieu merci car enfin un film qui est à la hauteur de sa réputation ! Je vous avoue qu'avec les précédents films je commençais à désespérer mais Guinea Pig 2 m'a redonné le sourire ! Le début commence très fort avec l’enlèvement de la femme est c'est un point positif car on poireaute pas !



L'histoire tient totalement la route car en plus elle est inspirée d'un fait réel (voir l'origine du film ci-dessus). Vous l'aurez peut être remarqué mais le film ne dure que 45 minutes mais 45 minutes qui vont à l'essentiel ! C'est mieux qu'un film de 1h30 avec 30 minutes d'inutilité.
Les deux acteurs sont excellents dans leur rôle ! Les effets spéciaux sont bluffants et poussés jusqu'aux détails avec par exemple une main arrachée qui se recroqueville ou bien le craquement des os ... Les effets sonores sont très recherchés. L'angoisse et l'atmosphère malsain sont présents est s'assemblent très bien. Je tiens à préciser aussi que c'est un film qui est sorti en 1985 et qui pourtant reste encore aujourd'hui d'un très bon niveau artistique !
Après avoir décapité un poulet sur sa victime pour lui annoncer sa destinée (avec zoom sur le cou décapité par lequel coule le sang), le tueur nous présente chaque phase par le biais d'éclairages aux différentes couleurs.

Phase 1 (rouge) : Tranchage des mains par un couteau à cran d'arrêt. Le sang gicle à flot et le réalisme est tel que la première main coupée se referme sur les doigts du sadique, un détail qui démontre d'emblée le soin apporté à la réalisation des effets gores.


Phase 2 (bleu) : Découpage des bras avec un second couteau et à l'aide d'un marteau pour dégager les os. Rien n'est suggéré : alternance de gros plans sur la chair découpée et le sang qui fuse entre chaque coup de burin. Mention spéciale aux bruitages qui bien que très exagérés s'avèrent ultra efficaces.



Phase 3 (jaune) : Pour le démembrement des jambes au dessus des genoux le bourreau s'équipe d'une scie. Là encore le réalisme est de mise, un plan étonnant part de la tête de la victime à demie consciente et descend vers une des cuisses en train d'être séparée du reste du corps.

Phase 4 (verte) Cette phase enchaîne sur l'éventrement au scalpel avec extraction des organes internes et un magnifique plan de la victime crachant du sang sur la caméra durant l'opération.


Phase 5 (blanche) : Décapitation à la hache dans un ralenti monstrueux, tête qui vient rebondir sur un mur et grosses éclaboussures de sang sur le visage du sadique. L'extraction d'un oeil à la petite cuillère conclut en beauté la cérémonie. Emu par tant d'esthétisme, le Samouraï sadique contemple méticuleusement chaque membre découpé, il ira même jusqu'à lécher la tête décapitée et l'oeil fraîchement arraché. Il nous dévoilera enfin sa collection personnelle composée de morceaux de corps humains pour la plupart en état de décomposition grouillant d'asticots et de vers, ainsi que des sortes de sculptures entremêlant membres humains et plantes vertes.




La fin est très bonne ! J'ai envie de dire aussi très recherchée puisque on a l'impression d'être dans une galerie d'art mais au lieu des tableaux on a des sculptures de cadavres. Bref un film à voir au moins une fois !



Guinea Pig 01 Devil's Experiment (1985)

En guise de générique, un message prévient le spectateur qu'il va visionner un film amateur anonyme voulant expérimenter dans la souffrance humaine. Une jeune femme est torturée par trois hommes aux visages partiellement masqués, utilisant tour à tour leurs poings, leurs pieds, une pince, une chaise de bureau (!), de la musique bruitiste, un scalpel, un maillet, de l'eau bouillante, des asticots, des abats d'animaux et une aiguille. Le reste du temps elle est retenue prisonnière dans un filet suspendu dans la forêt. Chaque séquence est précédée d'un écran noir où apparaît un seul kanji, annonçant le mode opératoire.

Film pervers s'il en est, Guinea Pig : Devil's Experiment, pousse le concept de voyeurisme sadique à l'extrême en tentant de feindre le snuff movie. Démarrant sur une gentille séance de claques assez mal jouée, l'horreur va monter crescendo jusqu'à la fameuse et graphiquement très réussie scène de crevaison oculaire à l'aiguille. Ambiance sonore réduite au possible, dialogues limités à quelques insultes visant à humilier la victime, aucun développement des personnages, mise en scène, réalisation et éclairage très sobres sont de mise.


En toute honnêteté, le spectacle offert n'est pas si immonde qu'on a pu le dire. Il est vrai que ce qui est représenté est tout à fait amoral, mais la représentation même peine à être convaincante, hormis de rares scènes comme le pinçage et les effets gores soignés.
La cause principale en est le manque flagrant de crédibilité de l'actrice principale : elle ne crie, ne se débat ou ne se plaint qu'à de très rares occasions; ce qui semble dérisoire étant donné le traitement qu'elle subit. D'autre part, les "comptes" spectaculaires de claques, de tours de chaise à roulettes ou d'heures passées à écouter du bruit sont une ficelle un peu grossière pour induire l'atrocité de l'action. Enfin certaines séquences, comme le lancer de viscères, traînent désespérément en longueur et suggèrent plus l'ennui qu'autre chose.


Cependant, réalisé pour un budget ridicule pour une chaîne du câble et le marché de la vidéo, ce court-métrage d'une quarantaine de minutes a irrémédiablement fait date dans l'Histoire du cinéma d'horreur. En effet, son concept original de se débarrasser de toute narration, de sortir l'horreur d'un quelconque contexte pour la présenter telle quelle, crée un profond malaise.


Alors que le même spectateur peut encaisser sans sourciller un contenu autrement plus corsé s'il est servi dans un joli emballage de justifications et de valeurs ou d'humour, il aura plus de mal à digérer jusqu'au bout cette dégradation gratuite d'une femme : il est confronté ici à un miroir dérangeant de son voyeurisme et de son goût du spectaculaire.
La grande force de ce film est qu'il amène obligatoirement son public à se questionner sur la nature de ce qu'il regarde et les motivations qui le poussent à le regarder. On en vient automatiquement à rechercher tous les défauts des trucages et du jeu des acteurs pour se rassurer quant à la nature fictive des images, et à se demander si l'on prend un quelconque plaisir à leur vision. Finalement peu de films peuvent se targuer d'atteindre ce résultat.

A propos du film :

Il est à noter que, ce premier épisode servant malgré lui de mètre étalon pour l'ensemble de la série, il tend à faire passer le reste (à l'exception de Flowers of Flesh and Blood, voire de Mermaid in a Manhole) pour un divertissement de seconde zone.


Vidéodrome (1983)

Après des années 70 plutôt consacrées à la TV et à la mise en place de toute son œuvre considérée comme simplement bis et gore, c’est bien dans les années 80 que le cinéma de David Cronenberg a pu atteindre son apogée artistique, une sorte de sommet dont l’introduction se situe dans Vidéodrome et la conclusion sera Le Festin nu. Et ce même si Crash reste à ce jour son film le plus abouti, malgré le fait qu’il y délaisse déjà une grande partie de ce qui ne plaisait pas forcément à la critique et qui lui interdisait l’entrée dans les festivals les plus « nobles »1 : son goût pour l’horreur frontale qui l’a si longtemps catégorisé en cinéaste bis et cantonné au public du cinéma de genre. Pourtant, si cela peut être valable à la vision de ses premiers films, ce qui ne serait même pas très juste tant il possède déjà tous les attributs d’un auteur supérieur de Stéréo à Scanners, c’est Avec Vidéodrome que David Cronenberg s’impose de façon indiscutable. 30 ans après sa sortie, ce morceau de bravoure graphique et visionnaire n’a rien perdu de sa superbe, n’a pas pris une seule ride alors qu’il est sorti dans la pire des décennies sur ce point-là, et semble synthétiser l’ensemble de l’œuvre de son créateur.



Le Diable est dans les détails dit-on, et c’est sans doute pour cela que dans Vidéodrome, film matriciel s’il en est, on croise déjà l’ombre de Freud à propos de la couleur de la robe de Nicki Brand (Freud qui prendra corps une trentaine d’années plus tard dans A Dangerous Method) ou encore une limousine, qui sera une sorte de personnage à part entière dans le prochain Cosmopolis. Le détail, ciment des œuvres foisonnantes, pendant que Vidéodrome tisse la pensée cronenbergienne. « Long live the new flesh », la mutation de la chair, thème essentiel chez le réalisateur canadien au même titre que les évolutions technologiques, et qui en fait le véritable pape du mouvement cyberpunk au cinéma 5 ans avant le choc expérimental Tetsuo. À la fois thriller, film d’horreur et voyage mental, Vidéodrome est le résultat d’un esprit créatif extrêmement foisonnant qui se mettait alors parfaitement en marche. Au départ il y a bien entendu un scénario absolument brillant et surtout en phase avec les peurs de son époque, et notamment l’apparition des nouveaux networks à la télévision américaine dans les années 80. À travers le portrait d’un provocateur à la tête d’une petite chaîne spécialisée dans les transmissions choc, sorte de Hugh Hefner de la TV hardcore, il cristallise ces peurs et les intègre dans un récit à tiroirs, ou plutôt en forme de spirale. Il tisse ainsi une trame labyrinthique qui brise les fondements de la perception de son héros mais également du spectateur.


Un film méta avant l’avènement du genre et qui pose à travers la multiplicité des écrans dans le cadre le questionnement fondamental sur le rôle de l’écran dans la société moderne. David Cronenberg aborde le programme TV (il le fera ensuite avec le programme informatique, le jeu vidéo, d’une façon pas très heureuse dans le médiocre eXistenZ) tel un virus, ramenant le concept antique de malédiction à quelque chose de bien plus concret et tactile, provoquant d’autant plus le malaise. En bon adepte du choc par l’image, il prend plaisir à malmener les sens du spectateur, travestissant la réalité et la fiction jusqu’à créer un monde à part dans lequel il se permet d’annoncer l’avènement du snuff movie, de redéfinir l’origine du monde à travers une blessure à l’abdomen de James Woods à la forme ouvertement vaginale, et de multiplier les symboliques puissantes jusqu’à créer un véritable état de malaise. Vidéodrome c’est l’homme qui regarde dans la matrice et accepte d’en faire partie, très consciemment, jusqu’à l’abandon total, avec une VHS en guise de pilule bleue. Mais avant de l’avaler, littéralement et par l’abdomen, comme une fécondation par l’image, il fait exploser sa réalité. véritable carnage çà l’écran, Vidéodrome impressionne par sa violence frontale et ses kilos de chair qui éclaboussent l’écran.


En construisant des images que ne renieraient pas les surréalistes (James Woods qui fouette un téléviseur diffusant l’image de Deborah Harry en souffrance), en insufflant une vie organique aux éléments électriques, en liant intimement l’homme et la machine, par une pénétration de la chair, David Cronenberg se laisse déjà aller aux fantasmes les plus noirs qui prennent corps dans le cadre. Mais au-delà de son propos sur l’aliénation, qui ancre Vidéodrome dans les fondamentaux de la science-fiction, c’est bien dans sa réflexion sur le pouvoir de l’image qu’il assure. Bien conscient de la toute-puissance de la diffusion télévisuelle, qu’il connait sur le bout des doigts, il fait se reproduire les écrans jusqu’à créer une sensation de vertige cinématographique propre aux grands maitres de l’image. L’image que l’on croit regarder n’est finalement qu’une diffusion, ou l’inverse, et cela provoque la lente déliquescence du héros qui sombre dans la folie, ou se laisse avaler par Vidéodrome. Dès lors, le film peut être vu avec deux regards totalement différents. Soit il ouvre sur un monde meilleur que cette société à l’agonie, rongée de l’intérieur par son destin de société décadente (Vidéodrome représentant alors vraiment les nouveaux jeux du cirque), et représente alors une forme d’utopie, soit il mène tout simplement à l’extinction, comme tout virus qui prendrait le pouvoir.



David Cronenberg signait ainsi une œuvre d’une densité telle qu’elle a sans doute sérieusement secoué tous ceux qui ne voyaient en ce réalisateur qu’un gentil bisseux, tellement dense qu’elle ne peut pas se contenter d’un seul niveau de lecteur ou d’une seule résolution. Vidéodrome c’est autant la révolution que la capitulation face au fascisme, c’est autant le sexe créateur que destructeur, c’est la base du cinéma de David Cronenberg avant qu’il ne s’embourgeoise, c’est un des plus grands rôles de James Woods et un des films les plus dérangeants des années 80. Par ce qu’il montre bien sur, parfois dégoutant, mais surtout par ce qu’il entraîne comme réflexion, consciente ou inconsciente, sur la condition de l’homme et son rapport à l’image. Fascinant et d’une richesse infinie.


Cannibal Holocaust (1980)

Cannibal Holocaust est sans aucun doute l’une des productions les plus controversées de l’histoire du cinéma d’horreur. Considérée par bien des critiques comme une œuvre barbare et amorale, ce film réalisé en 1980 par Ruggero Deodato cache pourtant, sous des dehors volontairement outranciers, un véritable propos souvent mésestimé. À la fois pinacle et point de rupture logique d’une vague de long métrages de cannibales très populaires en Italie de la fin des années 70 au début des années 80, ce pur produit d’exploitation à la confluence du film de jungle et du mondo movie provoqua un véritable tollé à sa sortie en salles. Et a même obligé Deodato à comparaître devant la justice de son pays afin d’expliciter la conception de cette œuvre éminemment dérangeante.

Quatre journalistes téméraires – et accessoirement totalement stupides – partent en expédition au cœur de l’enfer vert de la jungle amazonienne afin d’y réaliser un documentaire sur de supposées tribus anthropophages. Après quelques semaines, l’équipe ne donne plus aucun signe de vie et une mission de secours menée par l’anthropologue Harold Monroe est donc chargée de retrouver leur trace. Au terme de leur pérégrination, le groupe parvient finalement à mettre la main sur les bandes relatant le terrible destin des cinéastes disparus.


Choqué par la couverture médiatique sensationnaliste et indécente des assassinats commis par les organisations révolutionnaires d’extrême gauche italienne durant les années 70, Ruggero Deodato décide de réaliser un film pamphlétaire ayant pour but de remettre en cause la validité du regard documentaire en utilisant le cadre normé du film de Cannibale. Un sous-genre en plein boom à l’époque, depuis le succès de Au pays de l’exorcisme d’Umberto Lenzi en 1972, et que Deodato a lui-même déjà exploré en 1977 avec Le dernier monde cannibale, un film manifestement très inspiré du magnifique La proie nue de Cornel Wilde sorti en 1965.

La grande force de Cannibal Holocaust est qu’il opère la fusion entre, d’une part, l’approche pseudo-documentaire de la mouvance mondo initiée par le Mondo Cane de Cavara, Prosperi et Jacopetti en 1962 et d’autre part, la réalisation caméra à l’épaule très « cinéma vérité » héritée du travail de réalisateurs comme Gillo Pontecorvo sur l’extraordinaire La Bataille d’Alger notamment.

Ainsi, Deodato n’hésite pas à brouiller les pistes tout au long de son film en employant une technique traditionnelle du faux documentaire consistant à mélanger faits réels et fiction de manière à déstabiliser le spectateur. Il orchestre donc un film en deux mouvements bien distincts et force la mise en abîme en insérant dans sa première partie formellement très cinématographique des images “réelles” (la mise à mort de divers animaux, les images d’archives d’exécutions de dissidents politiques au Niger et en Asie du Sud-Est), alors que la seconde partie du film, intégralement scénarisée, adopte une esthétique réaliste afin de vendre l’illusion d’un film retrouvé à l’état brut et montrant des fait réels (la mésaventure du groupe de journalistes). Cette manipulation a pour effet de forcer le spectateur à adopter une posture voyeurisme, car il se trouve alors contraint d’ingurgiter des images uniformément atroces sans vraiment pouvoir distinguer la frontière entre authenticité et mise en scène.



C’est ainsi que Deodato nous interroge intelligemment sur l’objectivité supposée du documentaire et questionne même sa capacité à réécrire le réel pour en livrer non pas une image fidèle, mais plutôt une interprétation, une version forcement déformée. On retrouve d’ailleurs ce scepticisme dans la condescendance et le mépris dont fait preuve le groupe de journalistes envers les peuples “primitifs” qu’ils rencontrent. Incapables de se débarrasser des préjugés d’êtres soi-disant civilisés, inaptes à parcourir la distance intellectuelle qui les sépare de leur sujet, ils portent un regard sur l’autre et sa culture naturellement biaisé et invalide. Et le fruit de leur travail est logiquement fallacieux.


Mais ce discours ne serait rien si Cannibal Holocaust n’était pas avant tout un film d’horreur extrêmement efficace. Véritable descente aux enfers à ciel ouvert, il enchaîne les scènes éprouvantes à un rythme effréné, assommant le spectateur par sa volonté de taper là où ça fait mal avec une insistance perverse. Avançant crescendo sans jamais reculer devant la possibilité de créer la répulsion ou le malaise, cette œuvre cruelle adopte comme motif principal la surenchère de violence graphique, construisant ainsi un univers exotique cauchemardesque – dont l’atrocité est encore soulignée par l’excellente musique bucolique en contrepoint de Riz Ortolani – où tout peut arriver à tout moment. On remarque aussi dans ce film une volonté évidente de créer des moments d’horreur iconiques capables de traumatiser le public, des morceaux de bravoure clairement identifiables servant de véritable charpente au métrage.

Ces scènes extrêmes, si audacieuses et remarquables de réalisme, vaudront à Deodato d’être arrêté quelques jours après la première du film à Milan. En effet, convaincu que le film est en fait un authentique “snuff movie”, la justice italienne accuse le réalisateur du meurtre de plusieurs acteurs et le somme de s’expliquer devant la cour. Un scandale en forme de coup marketing, en partie voulu par Deodato. Lequel prend soin avant le tournage d’inclure dans le contrat de ses acteurs une clause qui les contraint à ne pas se montrer publiquement afin de renforcer l’illusion d’un film exposant des faits réels. Le metteur en scène se présentera finalement dans diverses émissions de télévision, accompagné de certains comédiens, afin de désamorcer la polémique et ainsi prouver son innocence. Plus tard, il détaillera également la conception de plusieurs effets spéciaux remarquables du métrage et montrera quelques photos de tournage, rendant invalides les accusations proférées à son encontre.


Encore interdit et censuré dans plusieurs pays, Cannibal Holocaust popularise ce que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de “found footage” et invente par la même occasion une nouvelle façon de vendre les films en orchestrant une impressionnante rétention d’informations dans le but d’attiser la curiosité des médias et du public. Un procédé très efficace, qu’exploitera à merveille The Blair Witch Project en 1999 pour devenir un des films les plus rentables de l’histoire. Aujourd’hui considéré comme un monument du cinéma d’horreur par une majorité d’amateurs de sensations fortes, ce film sulfureux n’a rien perdu de sa puissance et parvient toujours à révulser plus de trente ans après sa sortie. La marque d’un grand film d’exploitation n’ayant rien perdu de sa pertinence et touchant encore sa cible, aussi bien viscéralement qu’intellectuellement, malgré les années qui passent et la radicalisation progressive d’un sous-genre toujours vivace grâce à des films comme We Are What We Are, Omnivore ou plus récemment le nouveau Eli Roth, recyclant comme un clin d’œil le premier titre envisagé par Deodato pour Cannibal Holocaust : The Green Inferno.


 

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